Centre Form Action
  • 05JAN

    L’envers de la médaille

    Depuis quelques années, le nombre d’adeptes de la course à pied au Québec a atteint un impressionnant sommet. Des courses de toutes sortes donnent une offre de choix aux milliers de coureurs désirant se fixer un objectif. Sachant les multiples bienfaits de l’adoption de saines habitudes de vie telles que la course à pied, je ne peux que me réjouir de la situation. Cependant, près de 80% des blessures subies à la course à pied sont causées par un stress tissulaire, c’est-à-dire, par le fait de vouloir en faire trop et trop vite.

    Se fixer un objectif à atteindre est très motivant pour observer une pratique régulière de l’activité physique. Toutefois, il se doit d’être réaliste et progressif, car le corps humain s’adapte petit à petit. Surcharger son corps trois ou quatre semaines avant une course peut être dommageable, s’il n’a pas été préparé à encaisser ce stress. Le même principe s’applique à une personne qui débute la course à pied. Le volume d’entraînement, soit le nombre de minutes de course réalisé sur une base hebdomadaire, ne devrait pas augmenter de plus de 10% par semaine. Lorsque ce n’est pas respecté, c’est à ce moment que les blessures surviennent. La suite des choses peut obliger l’arrêt de la course à pied pour quelques semaines, voire davantage, en y laissant au passage quelques centaines de dollars de traitement. Je ne compte plus le nombre de personnes qui sont venues me voir pour me demander des conseils concernant des douleurs à une jambe, un genou ou même un pied. C’est à force de poser des questions sur leur entraînement personnel qu’on découvre que la cause de ces douleurs est due à une mauvaise progression. D’où l’importance de suivre un programme personnalisé établi par un professionnel pour progresser à la course à pied en évitant les blessures. C’est là l’envers de la médaille.

    Une personne qui pratique une activité physique vise à augmenter sa condition physique et non à la faire régresser à cause d’une blessure. Comment changer en quelques semaines des habitudes bien ancrées depuis 5, 10, 15, voire 20 ans? Dit comme cela, ce serait insensé. Alors, pourquoi le fait-on? Le corps humain est capable de grandes choses, notamment en matière d’endurance physique, par contre, laissons-lui le temps de s’adapter à la situation.